Collections Anatomiques

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Avant de présenter ces collections, de montrer leur originalité et leurs pièces rares, il importe de rappeler les vicissitudes du musée, son histoire, liée à celle de la Faculté de Médecine de Paris. Il ne semble pas que, sous l’Ancien Régime, la Faculté ait eu de musée anatomique proprement dit ; seuls des amateurs férus de sciences avaient réalisé pour leur plaisir ou leur vanité des cabinets d’histoire naturelle contenant des pièces disséquées tant animales qu’ humaines, leurs reproductions en cire colorée,

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des préparations par injections diverses. Ces cabinets de curiosité témoignaient parfois du goût discutable de collectionneurs de pièces étranges, par ailleurs souvent remarquables. Parmi les collections anatomiques existant avant la Révolution et dont le souvenir est parvenu jusqu’à nous, il faut citer le célèbre cabinet des Sue, père et fils, riche de plus de mille pièces dont la plupart en cire furent léguées par Jean-Baptiste Sue à l’École des Beaux-Arts. Rappelons aussi l’existence à cette époque du "Museum chirurgicum" de Desault, le maître de Bichat. Ces collections furent dispersées sous la Révolution et perdues, il n’en reste guère au musée Orfila actuel que de maigres vestiges. On sait que la Convention avait supprimé les facultés de médecine. Le chimiste conventionnel Fourcroy ayant compris la nécessité de réorganiser en 1794 les études médicales, obtint la création des trois écoles de santé de Paris, Montpellier et Strasbourg. Fourcroy, ancien élève de l’ anatomiste Desault, estima que, pour remplir leur rôle, ces écoles devaient posséder des cabinets anatomiques permettant un enseignement non seulement théorique, mais concret. Telle est l’origine de l’École pratique de l’École de Médecine, logée dans l’ancien couvent des Cordeliers. Une commission dont Vicq d’Azyr et Cuvier firent partie fut désignée pour doter l’ Ecole de Médecine d’un cabinet anatomique. Il fallait des pièces pour le meubler, ce fut l’ oeuvre d’Honoré Fragonard lequel fut appelé à les réaliser. D’abord démonstrateur et professeur d’anatomie à l’école d’Alfort, où il avait constitué un cabinet d’anatomie, Fragonard, qui était chirurgien, fut nommé directeur des travaux anatomiques à l’École de santé. et une partie de ses collections d’Alfort envoyée à l’École. Les fonctions de Fragonard impliquaient surtout, en réalité un rôle autant et plus de préparateur que de professeur. Il fut assisté de prosecteurs désignés à cet effet, Duméril. Dupuytren, Dessange, Duffau, Lassis et Rives. Les noms de Fourcroy et de Fragonard méritaient, on le voit, d’être rappelés, bien que peu de choses persistent aujourd’hui des origines du musée. Celui-ci s’enrichit par la suite régulièrement de pièces nouvelles grâce aux prosecteurs successifs et aux aides d’anatomie dont les préparations de concours permettaient leur renouvellement, grâce aussi aux professeurs d’anatomie, aux agrégés chefs des travaux anatomiques successeurs de Fragonard, qui ont animé l’École pratique. Leurs noms figurent encore dans le catalogue du musée, avec celui des chercheurs français et étrangers du laboratoire d’anatomie. Tel fut le premier musée. Ce n’était point cependant encore le musée Orfila. Nommé en 1832 doyen de la Faculté de Médecine de Paris, Mathieu Orfila

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entreprend avec un dynamisme qu’il faut souligner une oeuvre de rénovation de la Faculté, oeuvre considérable marquée de créations multiples dont celle de l’hôpital des cliniques. Dans le souci d’égaler ce qui se faisait de mieux à l’étranger, Orfila visite le musée Hunter à Londres, dont les collections d’anatomie comparée l’enthousiasment et lui paraissent indispensables pour conférer un caractère scientifique aux pauvres collections, mal conservées, du musée anatomique fréquenté par les élèves de sa faculté. Le nouveau musée fut instauré en 1844, et Orfila fit même appel à des préparateurs et à des anatomistes étrangers comme Erdl ou Hirschfeld pour en accroître le fonds et obtint à cet effet des crédits spéciaux. En reconnaissance pour l’auteur de cette fondation remarquable, et du vivant même d’Orfila, le musée fut officiellement inauguré en 1847 sous le nom de "musée Orfila" et installé au-dessus de la colonnade de la Faculté de Médecine. Il devait y demeurer un peu plus d’un siècle.En 1881, son conservateur, Houel, agrégé à la faculté, publie le catalogue du musée qui compte alors près de quatre mille cinq cents pièces. Le musée devait s’enrichir encore jusqu’à la fin du siècle des préparations d’ostéologie et de lymphatiques de Sappey. Mais de nouvelles vicissitudes attendaient le musée : pour des raisons inconnues, peut-être à cause de l’essor de la médecine opératoire avec Farabeuf, peut-être de celui de l’histologie avec Mathias Duval, le musée perd de son importance et de son rayonnement. Sans crédits, sans personnel, il se meurt doucement, les collections restent dans leurs magnifiques vitrines aux chapiteaux de bronze, les gardiens ne s’opposent pas, participant même, à la dispersion de certaines pièces et, sous l ’occupation, de précieux modèles en cire de Laumonier servent à la confection de luminaires. Le conservateur du musée, le docteur Augier, est alors impuissant à lutter contre cette dégradation et gardera dans son laboratoire de l’École pratique ses remarquables préparations d’ostéogenèse. Pour tout dire la Faculté semble se désintéresser de son musée. Lorsque la construction de la faculté des Saints-Pères reprend en 1947, le professeur André Delmas décide alors de redonner aux collections une nouvelle place, et ce qui est logique, dans le cadre du service d’anatomie. Le musée va s’enrichir, grâce aux activités du laboratoire, s’ouvrir au public, accueillir dans sa salle de conférences les sociétés savantes et les enseignements de haut niveau. C’est un nouveau musée très vivant qui reçoit chaque année chercheurs, visiteurs individuels et visites guidées. Des quatre mille cinq cents pièces mentionnées dans le catalogue d’ Houel en 1881, il n’en subsiste plus que quelques centaines. Par contre, près de quatre mille nouvelles sont venues remplacer les pièces disparues et constituer un ensemble d’une richesse incomparable.En 1997, le musée s’est augmenté de de la collection SPITZNER

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par donation de la socièté Roussel-Uclaf qui en était propriétaire et l’avait magnifiquement restaurée.